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Quels sont les leviers du changement en matière d’écomobilité scolaire ?

Article publié le mardi 6 août 2013

Les démarches d’écomobilité scolaire qui durent sont celles qui créent des liens entre les gens. C’est une des conclusions du dernier atelier du Club écomobilité, animé par l’ARE Normandie, en partenariat avec l’Ademe et la commune de Pont-de-l’Arche.

C’est à Pont-de-l’Arche, dans l’Eure, qu’une vingtaine de membres du Club écomobilité se sont retrouvés le 24 mai 2013. Il s’agissait d’échanger sur les démarches de pédibus et la mobilité des jeunes. Les plus courageux ont suivi l’asinobus® (voir l’article « L’âne et le pédibus » ) mis en place ce jour-là dans la commune.

L'asinobus® de Pont-de-l'Arche.

L’asinobus® de Pont-de-l’Arche.

Quels sont les leviers du changement ? Vaste chantier, car nous devons changer nos habitudes, et même transformer nos modes de vie. Les sociologues le disent : il faudrait « libérer l’innovation sociale dans les territoires », se rapprocher des habitants, revenir à des dispositifs de proximité qui leur permettront de s’approprier les enjeux, et favoriser les initiatives de collectifs d’habitants désireux d’agir dans leur quartier. Pédibus, vélobus, asinobus®, poneybus, sont autant d’initiatives qui contribuent à changer nos habitudes. Les démarches qui se sont pérennisées en Normandie sont celles qui ont permis de « créer du lien » entre parents, entre parents et enfants, mais aussi entre seniors accompagnateurs, enfants et parents.

Ainsi, la création de lien social par la mobilisation des acteurs du territoire est le premier des leviers que nous avons identifiés. Les acteurs du territoire sont nombreux dans les communes. Citons les associations sportives ou de randonneurs, la communauté éducative, le « club du 3e âge », les associations de retraités, celles qui proposent la découverte de l’âne et du poney, les associations de quartier, le centre de loisirs, le centre social… Plus ils seront parties prenantes du dispositif de pédibus, d’asinobus® ou de vélobus, plus les parents se mobiliseront pour accompagner les enfants.

Le deuxième levier identifié lors de l’atelier, c’est une communication régulière, tout au long de l’année. Il faut profiter de la réunion de rentrée scolaire, du forum des associations, du site internet de la commune, du bulletin municipal, de la kermesse…

Sensibiliser enfants, enseignants et parents

Une vingtaine de membres du Club écomobilité se sont retrouvés pour échanger sur leurs pratiques.

Une vingtaine de membres du Club écomobilité se sont retrouvés pour échanger sur leurs pratiques.

Une vingtaine de membres du Club écomobilité se sont retrouvés pour échanger sur leurs pratiques.

Pour donner du sens au pédibus, il faut expliquer aux parents pourquoi on le fait. A cette sensibilisation, il est bon d’ajouter une formation. Il est aussi nécessaire de sensibiliser les enfants en classe. Il existe de nombreux outils éducatifs, et les enseignants peuvent inscrire l’écomobilité dans leur projet d’école ou de classe. On peut aborder l’écomobilité dans le cadre de différentes disciplines : maîtrise du langage, mathématiques, éducation physique et sportive, géographie, histoire, art, citoyenneté…

Pour plus d’efficacité, les dispositifs d’écomobilité scolaire s’intégreront dans des démarches globales et transversales de la commune : agenda 21, plan climat-énergie territorial, programme d’animations, label Cit’ergie®, projet autour de la santé, projet éducatif, plan local d’urbanisme et son projet d’aménagement et de développement durable… Pour les financer, il est possible de les inscrire dans les nombreux dispositifs éducatifs existants : contrat urbain de cohésion sociale (CUCS), programme de réussite éducative (PRE), contrat enfance jeunesse, projet éducatif territorial (PEDT)… Faire appel au mécénat est également une piste à creuser.

L’animal a été identifié comme un excellent levier pour un pédibus : il favorise la création de liens intergénérationnels et interculturels. On dit qu’il est « fédérateur ».

Marche et vélo : un fort potentiel

La carte "accessibilité du collège d'Offranville en vélo" montre le potentiel de report modal vers ce mode de déplacement.

La carte « accessibilité du collège d’Offranville en vélo » montre le potentiel de report modal vers ce mode de déplacement.

Les échanges de l’après-midi ont été axés sur la mobilité des jeunes – collégiens, lycéens, jeunes sortis du système scolaire. Il a été notamment question de l’action de la Métropole Rouen Normandie dans ce domaine. Celle-ci, en effet, a inclus un volet écomobilité dans son programme local d’éducation à l’environnement. Rappelons les principaux objectifs de celui-ci:

  • identifier les différents acteurs et leurs champs d’actions, ainsi que les publics concernés par des actions d’éducation à l’environnement ;
  • structurer les partenariats concourant à la mise en œuvre d’une politique d’éducation à l’environnement, sur le territoire de la Métropole ;
  • soutenir les initiatives et les projets pédagogiques des acteurs de l’éducation à l’environnement (structures associatives, centres d’éducation non formelle, centres sociaux…), et en améliorer la cohérence et la lisibilité sur le territoire.

Une des actions du plan est le développement de plans de déplacements établissements scolaire, visant à mettre en œuvre une gestion durable des déplacements domicile-établissement scolaire. Pour l’aider dans cette action, la Métropole a missionné l’ARE Normandie.
Une étude sur l’écomobilite des scolaires dans l’Eure et la Seine-Maritime, dans le cadre d’un partenariat entre le Club écomobilité, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et le Cerema Normandie-Centre. Les résultats de la deuxième phase ont été présentés lors de l’atelier. Des diagnostics mobilité ont été réalisés dans deux collèges seino-marins à Offranville et au Mesnil-Esnard. Il s’agissait de mettre en évidence les leviers pour modifier les modes de déplacements des jeunes vers leur collège. Beaucoup de ces déplacements se font en voiture alors qu’ils pourraient se faire pour partie à pied ou à vélo (pratique très peu développée : 7 % à Offranville, 3 % au Mesnil-Esnard).

Il est ressorti de l’étude qu’il existe un potentiel de report modal de la voiture sur la marche et, plus encore, sur le vélo : entre 1/3 et 2/3 des élèves seraient concernés au vu des distances à parcourir. Des variations de comportement ont été observées en fonction de l’âge et du sexe des élèves. La faiblesse de la part modale du vélo s’explique en partie par la perception globalement négative du vélo… avec toutefois des différences entre les pratiquants et non pratiquants ! Les questions de sécurité (et/ou sûreté) ont été mises en avant pour expliquer le choix d’un autre mode. Les diagnostics de terrain permettent de mesurer les marges de progrès en matière d’itinéraires cyclables sécurisés, qui concernent notamment le rabattement sur les axes structurants.

Deux pistes principales ont été identifiées pour aller plus loin : construire des partenariats avec les collectivités locales pour adapter les réseaux de transports aux modes actifs et communiquer auprès des élèves.

Liens utiles

Présentation de la Métropole

 

Présentation du Cerema

 

L’âne et le pédibus : attrait de l’animal dans les démarches d’écomobilité scolaire

 

Anne-Sophie de Besses@EcomobiliteNdie