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L’âne et le pédibus : attrait de l’animal dans les démarches d’écomobilité scolaire

Article publié le jeudi 18 avril 2013

Si l’on veut rendre plus attractif un pédibus et avoir plus de chances de le pérenniser, une bonne solution : l’animal. En effet, il excelle dans la médiation sociale. Aimé de tous, il facilite les contacts entre personnes, adultes ou enfants. Des collectivités normandes, pionnières en France, l’ont bien compris. Elles ont mobilisé l’âne (ou le cheval) pour l’animation locale, notamment dans le cadre de l’écomobilité scolaire.

A Louviers (Eure), le pédibus avait du mal à se mettre en place, la grande majorité des parents ne souhaitant pas confier leurs enfants à des parents non connus d’eux. C’est alors qu’est née l’idée de faire appel à… des ânes. Une expérimentation a été lancée avec l’association Le Chemin du halage. Une animatrice a été embauchée. Du jour où les ânes sont arrivés dans le pédibus, la confiance des parents envers l’équipe accompagnatrice s’est instaurée.« L’animal “fédère” les personnes de façon quasi magique », observe Pascal Vidaillac, directeur du Centre social Pastel de Louviers, qui coordonne le projet. L’asinobus® permet ainsi de rendre plus attractif le dispositif de pédibus mis en place par la Ville de Louviers depuis quelques mois. Il s’agit du premier asinobus régulier en France avec des ânes bâtés. Les deux ânes assurent d’autres tâches : le ramassage des corbeilles de déchets en ville, l’entretien d’un espace naturel appartenant à la commune et géré par la Communauté d’agglomération Seine-Eure (dans l’impasse des Prés, où ils paissent quand ils ne sont pas en activités) et l’animation dans les centres de loisirs ou lors d’évènements organisés par la Ville (carnaval, Louviers Plage…).
Rappelons qu’un pédibus est un moyen de transport qui permet aux enfants d’aller à l’école à pied en toute sécurité, accompagnés par des parents volontaires.

L’âne rend plus attractif le pédibus. (Photo : A.-S. de Besses/Arehn)

L’âne rend plus attractif le pédibus. (Photo : A.-S. de Besses/Arehn)

Quand l'animal est créateur de lien social. (Photo : G. Pontini/Ville de Grand-Couronne)

Quand l’animal est créateur de lien social. (Photo : G. Pontini/Ville de Grand-Couronne)

Selon Solveig Rassat, responsable de l’association Le Chemin du Halage, l’âne est attractif pour les enfants et les personnes éloignées de l’emploi. Il permet la création de lien social et l’insertion de personnes en difficulté. Des jeunes exclus de l’emploi et peu qualifiés peuvent ainsi retrouver un emploi grâce à l’introduction de l’animal dans les services publics. La convention entre le Chemin du halage et la Ville de Louviers a permis de créer un emploi de « cant’anier » (20 heures par semaine). La personne est chargée de piloter les deux ânes dans toutes leurs fonctions. L’animal dans la ville régule également la circulation : « Mieux vaut deux ânes dans la ville qu’un… dos d’âne », ajoute Solveig.
L’introduction de l’animal dans la ville est une opération simple à mettre en place. Elle nécessite toutefois le soutien de quelques personnalités de la collectivité. C’est une occasion pour les élus de se saisir des richesses de leur territoire (acteurs, ressources…). Ainsi, à Louviers, l’idée de faire porter le projet d’asinobus® par le centre social Pastel a été une vraie réussite.

Offranville, dans l’agglomération dieppoise, est une autre commune normande qui s’intéresse à l’animal pour les déplacements

L'hippobus est un ramassage scolaire réalisé à l’aide d’un attelage. (Photo : Commune d'Offranville)

L’hippobus est un ramassage scolaire réalisé à l’aide d’un attelage. (Photo : Commune d’Offranville)

domicile-école des enfants. De mi-juin 2011 jusqu’à la fin de l’année scolaire 2011-2012, la Commune, engagée dans une politique de développement durable, a organisé un hippobus. Il s’agit d’un ramassage scolaire réalisé à l’aide d’un attelage pour les enfants de l’école élémentaire Eloi-Pruvot. Les enfants ont bénéficié de ce service matin et soir. Sur les 37 enfants, 34 venaient auparavant en voiture à l’école ! Le trajet, effectué par la route, fait 1 km et est assuré par la Ferme de la Sâane, située à Saint-Denis-d’Aclon. Le garde champêtre de la commune accompagne l’attelage à cheval et l’animatrice développement durable prend place dans la calèche à côté des enfants, ce qui a permis qu’une relation de confiance s’instaure non seulement avec les enfants, mais aussi avec les parents.

Suite à cette expérimentation, la Commune réfléchit au moyen de pérenniser l’hippobus en 2013. Elle compte s’appuyer sur un atout de taille : c’est l’une des seules communes, en France, à disposer d’un centre équestre communal. Elle a donc la volonté de promouvoir le cheval dans de nombreux services municipaux : gestion des déchets, déplacements des enfants vers l’école, déplacements des personnes âgées, organisation d’évènements…

Ces expériences ouvrent le débat sur l’intervention de salariés dans les déplacements domicile-école. Au vu des bienfaits sur la santé, la cohésion sociale, l’environnement, l’emploi, pédibus, asinobus et hippobus ne pourraient-ils pas être considérés comme des services de la collectivité (hors secteur urbain), proposés aux habitants au même titre que le transport en car ou en bus ?

Liens utiles

Le Chemin du Halage

 

Anne-Sophie de Besses@EcomobiliteNdie