Accueil » L'agence » Actualités » Santé-environnement, une éducation à partager !

Santé-environnement, une éducation à partager !

Article publié le lundi 6 janvier 2014

De plus en plus d’actions sont menées dans le champ de la santé-environnement et de l’éducation en santé-environnement. Pour preuve, deux événements qui ont eu lieu au cours de l’automne 2013 : l’un à Paris, de niveau national, le second à Rouen, de niveau régional.

 

Des experts nationaux ont appelé les acteurs de terrain à se mobiliser pour inventer une ville “où l’homme serait replacé au cœur de ses environnements de vie”.

Santé-environnement, une éducation à partager !

6200150-9263252Un colloque organisé par la Société française de Santé publique s’est tenu à Paris les 16 et 17 septembre 2013 sur le thème « Santé publique et environnements de vie : transports-mobilité, déplacement, aménagement de l’espace ». Devant une centaine de participants issus des sphères de la santé et de l’environnement, les experts ont appelé les acteurs de terrain à se mobiliser pour inventer une ville où l’homme serait replacé au cœur de ses environnements de vie, avec toujours en arrière-fond le regard santé publique, prévention et éducation. La ville doit faire une place importante aux modes actifs (marche et vélo) pour le bien-être, la qualité de vie et la santé des citoyens. Catherine Cecchi, vice-présidente de la Société française de santé publique, est convaincue que l’amélioration de l’environnement de vie permet d’amélioration la santé, au-delà des questions de pollution : « les environnements de vie constituent et deviennent des socles de réflexion de la santé publique, mais aussi son champ d’intervention », affirme-t-elle. Pour cela, il est essentiel de décloisonner les approches. Les équipes d’animation locale doivent être pluridisciplinaires : urbanistes, sociologues, habitants et usagers, élus, acteurs de l’environnement et de la santé.
Il est également nécessaire de mieux prendre en compte l’usager et son « expertise profane ». L’émergence de cette notion est liée à une évolution politique, car elle traduit une extension du processus démocratique dans des domaines jusque-là réservés aux spécialistes. Cela est notamment vrai pour le secteur de la santé. Les experts profanes sont des personnes qui n’ont pas de formation universitaire académique sur un sujet donné, mais qui sont tout de même concernées du fait d’une expérience personnelle. Ils sont en capacité de développer des connaissances, des analyses pertinentes sur le sujet. Bien sûr, ces connaissances doivent être prises en compte dans les décisions politiques.

Quelques autres idées intéressantes issues des débats :

  • Une fois qu’une décision est prise, et si l’on demande à l’usager de “faire des efforts”, il est essentiel que celui-ci puisse en percevoir les résultats concrets.
  •  Les diagnostics doivent être partagés par les différents acteurs et les habitants.
  •  Il est important de croiser les approches descendantes (de l’échelon politique) et ascendantes (à l’initiative des citoyens). C’est une des clés de la réussite des projets.
  •  La ville doit faire la promotion de la santé sous l’angle “bien-être”. Il faut penser la santé en bien collectif et non en bien individuel.
  •  Les projets liés à la ville doivent faire le lien entre urbanisme et santé. C’est très rarement le cas actuellement.

Il a également été souligné que la démarche Agenda 21 est très pertinente pour traiter des sujets de santé-environnement. Néanmoins, actuellement, les démarches existantes prennent peu en compte les questions de santé. Veillons donc à ce que l’axe santé soit renforcé dans toutes ces démarches. Rappelons que l’Agenda 21 local, issu du Sommet de la Terre de Rio de 1992, est un plan d’action destiné à favoriser le développement durable sur un territoire. De par son caractère global, il implique une modification des processus décisionnels dans le sens du décloisonnement, de la transversalité, du partenariat. Il incite à « travailler ensemble ». Il a pour effet de dynamiser les politiques économiques, sociales et environnementales et la vie locale, et vise à mettre en cohérence les actions d’une collectivité. Le développement durable est fondé sur un principe majeur : les femmes et les hommes sont acteurs et auteurs de leur développement dans une démarche collective et solidaire. Les citoyens désireux de s’investir dans le devenir de leur territoire constituent un potentiel souvent sous-exploité. Charge à nous, acteurs de la ville, de faire en sorte qu’il se révèle. Nous pourrons alors co-construire les projets avec ces « experts profanes ».

Les acteurs haut-normands de la santé et de l’environnement souhaitent s’engager dans une démarche collective
Santé-environnement, une éducation à partager !

acteurs hauts normandsA Rouen, le 8 octobre 2013, environ 60 participants issus des sphères de la santé, de l’environnement et de l’éducation se sont rencontrés à l’occasion d’un atelier du Collectif régional de l’éducation à l’environnement et au développement durable (CREEDD) sur le thème de l’éducation à la santé et à l’environnement. Pourquoi ce thème ? Les acteurs mettent en exergue que les professionnels des deux champs se connaissent encore mal et que les articulations entre acteurs sont à définir pour élaborer des programmes d’action concertés et cohérents.
Organisé en partenariat avec l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé (IREPS) et l’Agence régionale de santé (ARS), l’atelier a permis aux acteurs de la santé et de l’environnement de mieux se connaître, d’échanger sur différents sujets – définitions, expériences concrètes autour du jardinage, de l’alimentation, de l’habitat , … –, d’établir des constats et de recenser les besoins en termes d’actions à mener en Haute-Normandie :

  • actions transversales : information/sensibilisation/communication, coordination/partenariat, formation ;
  • actions thématiques : alimentation/jardin, activité physique/écomobilité, qualité de l’air intérieur, qualité de vie, nouvelles technologies (impacts des images et des nouvelles technologies sur les publics enfants et jeunes).
    Ces travaux constitueront une base pour l’élaboration du prochain Plan régional santé-environnement.

Les experts nationaux et régionaux sont unanimes : les acteurs des champs de la santé et de l’environnement doivent se connaître toujours mieux et acquérir un langage commun. Ils pourront alors travailler ensemble et les projets n’en seront que plus riches. Le champ de la santé peut partager méthodes et outils avec celui de l’environnement, et réciproquement. L’acculturation des acteurs passera par une meilleure identification des compétences des uns et des autres. Il est certain que la création d’un réseau régional “éducation en santé-environnement ” serait un atout pour la Haute-Normandie et contribuerait à l’enrichissement des projets menés dans les territoires, dans le respect des principes du développement durable.

Santé-environnement, une éducation à partager !
Liens utiles :
Article du blog écomobilité : Intégration de l’écomobilité dans une démarche plus globale de prévention pour la santé

Champ(s) d'action

  • Développement durable