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Bilan de l’atelier « La trame verte et bleue : un concept mais surtout des pratiques » dans le Pays Risle Estuaire

Article publié le mardi 7 février 2017

Le 30 novembre 2016, l’ARE Normandie et le PETR du Pays Risle Estuaire ont organisé, avec leurs partenaires, un atelier territorial sur la trame verte et bleue.

Accueillie par la commune de Saint-Philbert-sur-Risle, une cinquantaine de participants a assisté à la présentation de retours d’expériences en faveur de la trame verte et bleue.

 

Ouverture de l'atelier territorial

 

Mesure phare du Grenelle de l’environnement, la trame verte et bleue a pour ambition d’enrayer la perte de biodiversité en conciliant la préservation et la restauration des continuités écologiques avec l’aménagement du territoire. Les continuités écologiques terrestres (trame verte) et aquatiques (trame bleue) se composent de réservoirs de biodiversité, lieu de vie des espèces, reliés par des corridors écologiques, indispensables aux déplacements de ces espèces.

Pour mettre en œuvre ce concept de trame verte et bleue, les régions se sont dotées de Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE). Cet outil d’aménagement durable du territoire identifie les différents éléments de la trame verte et bleue régionale afin de définir des objectifs prioritaires visant à réduire la fragmentation des habitats et l’artificialisation des sols. Le SRCE a aussi une portée réglementaire. Les enjeux régionaux doivent être pris en compte dans l’élaboration ou la révision des documents d’urbanisme (SCOT, PLUi, PLU, etc.) en déclinant la trame verte et bleue sur le territoire concerné.

Introduit par la DREAL et le PETR du Pays Risle Estuaire, cet atelier, à destination des élus locaux, a permis de faire un rappel sur la notion de trame verte et bleue en Normandie et de présenter les enjeux territoriaux du Pays Risle Estuaire. L’atelier s’est poursuivi par des présentations d’actions de mise en œuvre ou de prise en compte de la trame verte et bleue par les collectivités locales et les partenaires.

 

Programme d’actions sur les mares de la communauté de communes de Quillebeuf sur Seine 

En 2013, la communauté de communes de Quillebeuf sur Seine a répondu à l’appel à projet du Conseil départemental de l’Eure pour lancer un PAGIM (Programme d’Aménagement Groupé et Intégré des Mares). Cette candidature a été portée par des élus du territoire qui ont constaté le comblement de nombreuses mares privées entraînant localement des problèmes d’inondation. Le projet de la Communauté de communes de Quillebeuf sur Seine a été retenu en 2015. L’objectif d’un PAGIM est d’agir sur le réseau de mares d’un territoire en prenant en compte les connectivités écologiques existantes ou potentielles entre les mares et de restaurer les trois fonctions : écologique, hydraulique et paysagère.

Exemple d'une mare de la Cdc de Quillebeuf sur Seine (T.Faucon)

Exemple d’une mare de la Cdc de Quillebeuf sur Seine (T.Faucon)

La mise en place de ce PAGIM s’est faite en deux grandes phases :

  • La phase d’étude, consistant à recenser les mares du territoire et à faire un état des lieux du réseau des mares afin de proposer des actions et des travaux de réhabilitation. 230 mares ont été recensées dont 182 décrites.
  • La phase de travaux, actuellement en cours et prévoyant des travaux sur 25 mares à réhabiliter en priorité.

En conclusion, ce programme d’actions a permis de mener une réflexion générale sur les mares du territoire de la communauté de communes, d’appréhender le concept de trame verte et bleue et d’acquérir un grand nombre de connaissances floristiques et faunistiques mobilisables pour les collectivités et partenaires.

 

 

 

Lieurey, village étoilé

Le village de Lieurey, situé en milieu rural, compte 1 420 habitants mais aussi 3 600 mètres de voies éclairées et 195 points lumineux. En 2015, le conseil municipal a souhaité s’engager dans la charte « Villes et villages étoilés » de l’Association Nationale de la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes (ANPCEN) pour limiter la pollution lumineuse et faire des économies d’énergie.

 

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Lampadaires du centre bourg de Lieurey (Commune de Lieurey)

Labélisé d’une étoile en 2016, Lieurey s’est lancé le défi d’économiser 10 000 € en 24 mois. Soutenu par l’ADEME et EDF, la commune a choisi d’éteindre l’éclairage public de 23h à 6h, sauf en centre bourg. Une réflexion a été menée sur l’ensemble du parc de luminaires, incitant le conseil municipal à faire installer des horloges astronomiques et remplacer des lampadaires boules par des lampadaires LED dans deux secteurs du village. Afin d’accompagner au mieux ce changement, la commune a communiqué dans son bulletin municipal et auprès du conseil municipal des jeunes. La manifestation « Jour de la nuit » a aussi été organisée sur la commune en 2016 pour sensibiliser les habitants à la pollution lumineuse et leur faire (re)découvrir les étoiles et les chauves-souris.

 

Après 18 mois d’engagement, Lieurey a déjà économisé 9 572 € et rendu 2 555 heures à la nuit. L’objectif est donc atteint, mais le projet ne s’arrête pas là. En 2017, le conseil municipal souhaite convertir tous les lampadaires à la technologie LED et mène une réflexion sur l’éclairage du centre bourg.

 

 

Une voie douce le long de la Risle : corridor de vie

 

L’agence Folius Ecopaysage a présenté un projet de création de cheminement doux au bord de la Risle sur le secteur de Pont-Audemer. Objectif : créer un « corridor de vie » facilitant les déplacements doux en prenant en compte les corridors écologiques pour la faune et la flore. Comment intégrer l’Homme dans un site naturel ou rural sans le dégrader ? Comment participer à la reconquête paysagère d’un site ? Voici tout l’enjeu de la trame verte et bleue.

Exemple d'un futur aménagement de la voie douce (Agence Folius Ecopaysage)

Exemple d’un futur aménagement de la voie douce (Agence Folius Ecopaysage)

Pour l’agence Folius Ecopaysage, il faut « faire preuve de simplicité, être à l’écoute du lieu, limiter au maximum l’empreinte de l’aménagement y compris durant les travaux. »

Concrètement, il faut se servir de l’existant en respectant le cheminement de l’eau, la végétation actuelle, etc. C’est aussi planter des trames de végétation d’essences locales et utiliser des matières comme le bois, la terre, les pierres pour les aménagements paysagers.

Cette intervention a aussi été l’occasion de nous présenter le lotissement des Chemins verts, à Hébécrevon dans la Manche, qui a été créé en respectant la trame bocagère existante.

 

 

 

Restauration de la trame bleue de la Risle

Avec ses 230 km de rivière et ses 130 km d’affluents, la Risle est une identité à part entière du Pays Risle Estuaire. La Directive Cadre sur l’Eau prévoit la remise en bon état écologique des masses d’eau et, entre autres, la restauration des continuités écologiques (transit sédimentaire et libre circulation des poissons). Le Syndicat Intercommunal de la Basse Vallée de la Risle (SIBVR) travaille depuis plusieurs années sur la restauration de ces continuités écologiques, à l’échelle de la Risle. Une étude a permis d’identifier les altérations de continuités (169 ouvrages) et, surtout, trois nœuds hydrauliques majeurs (Pont-Audemer, Montfort-Saint-Philbert et Brionne) qui empêchent toute circulation des sédiments et des poissons.

PrŽsentation PowerPoint

Photo avant et après aménagement du clapet Gillain (SIBVR)

Depuis 1995, le SIBVR effectue des travaux d’aménagement de berges, de renaturation et d’effacement d’ouvrages. Le nœud de Montfort-Saint-Philbert est quasiment traité et la continuité est restaurée. Pour le nœud de Brionne, l’objectif est d’optimiser le gain écologique du site tout en aménageant un parcours nautique. De nombreux petits obstacles à l’écoulement et à la circulation piscicole seront réaménagés dans le cadre du plan pluriannuel de restauration et d’entretien

 

 

 

L’axe prioritaire, pour les années à venir, est le nœud hydraulique de Pont-Audemer, qui concerne 9 ouvrages. Les premiers travaux ont débuté en 2016 et se poursuivront pour assurer la libre circulation des poissons et notamment des poissons migrateurs.

 

L’objectif des deux interventions suivantes était de présenter des accompagnements de collectivités pour la déclinaison de la trame verte et bleue à l’échelle de leur territoire.

Définition de la trame verte et bleue sur le territoire de la Communauté d’agglomération Dieppe-Maritime

PrŽsentation PowerPoint

Cartographie de la TVB (CEN HN)

Le Conservatoire d’Espaces Naturels de Haute-Normandie (CEN HN) a développé une cellule d’animation territoriale pour accompagner les collectivités à mettre en œuvre la trame verte et bleue sur leur territoire. Financé par la Région, la DREAL et l’AESN, le conservatoire accompagne depuis 2016 l’Agglomération Dieppe-Maritime dans cette démarche.

La méthodologie utilisée prévoit, dans un premier temps, l’acquisition de connaissances du territoire avec l’identification des réservoirs de biodiversité et des corridors, puis, dans un second temps, la définition de la stratégie d’intervention en fonction des enjeux locaux et des secteurs à intervenir en priorité. Il est aussi question de définir des objectifs à long terme pour chaque sous trame. Les perspectives de cet accompagnement sont, pour l’Agglomération Dieppe-Maritime, l’inscription des trames vertes et bleues dans les documents d’urbanisme, mais aussi la mise en place d’actions de restauration des continuités écologiques et de valorisation. Cet accompagnement proposé par le CEN HN est déclinable à d’autres territoires.

 

Expérimentation sur le site Natura 2000 Marais-Vernier, Risle-Maritime : Identification des corridors écologiques potentiels

Diapositive 1

Paysage rural (PNR BSN)

Le site Natura 2000 du Marais-Vernier, Risle-Maritime se situe sur le territoire du Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande (PNR BSN). A la demande de la DREAL, les agents du PNR BSN ont expérimenté une méthodologie pour identifier les corridors écologiques en ayant une approche à la fois écologique, urbanistique et paysagère. Le but étant de fournir à la DREAL une carte des corridors écologiques pour faciliter l’instruction des demandes d’urbanisation et préserver les corridors existants ou potentiels.

Le report de données existantes (SRCE, TVB du PNR, Atlas N2000) sur des photos aériennes a permis de produire un premier aperçu des corridors écologiques du territoire d’étude. Puis, une succession de séances de travail de terrain et d’affinage de la cartographie ont abouti à la cartographie des corridors écologiques du site Natura 2000.

En parallèle de cette étude, le Parc a lancé une démarche participative avec les communes concernées et les acteurs du territoire afin d’expliquer la démarche et de recueillir les avis pour avoir une cohérence des actions entre les différents partenaires. Ces échanges ont apporté des connaissances sur les enjeux de déplacement de la faune à l’échelle des communes pour affiner la cartographie et donner des recommandations aux élus pour les nouvelles constructions. Par exemple : limiter les obstacles (grillage, haie de thuya), limiter les surfaces artificialisées, conserver la végétation existante sur la parcelle à construire, etc.

Le PNR continue d’appuyer les communes, notamment lors de l’élaboration de documents d’urbanisme pour intégrer les enjeux de la TVB et envisage de mener des actions de sensibilisation des habitants.

 

Vous pouvez consulter les présentations de l’atelier territorial :

– E. du Rivau, PETR Pays Risle Estuaire

– F. Duval, DREAL Normandie

– T. Faucon, Communauté de communes de Quillebeuf sur Seine

– C. Angevin, Commune de Lieurey

– E. Germain, Agence Folius Ecopaysage

– T. Dupuis, SIBVR

– A. Philippeau, CEN HN

– M. Filleux et A. Michalot, PNR BSN et Commune de Sainte-Opportune-la-Mare